Refus, non-renouvellement, retrait
La préfecture peut prendre plusieurs décisions défavorables sur un titre de séjour :
- Refus de délivrance d'un premier titre.
- Refus de renouvellement d'un titre que vous déteniez.
- Retrait d'un titre déjà délivré.
Toutes se contestent. La décision vous est notifiée par écrit et doit être motivée : ce sont ces motifs que votre recours devra combattre, point par point. La date de notification déclenche le délai.
Refus seul ou refus avec OQTF : ça change tout
C'est le premier réflexe à avoir : lisez votre décision en entier. Un refus de titre peut être seul, ou assorti d'une obligation de quitter le territoire (OQTF).
- Refus seul : vous disposez de deux mois pour agir, avec la possibilité d'un recours gracieux ou hiérarchique avant le tribunal.
- Refus avec OQTF : c'est le délai de l'OQTF qui commande, souvent 30 jours, parfois 48 heures. Un recours gracieux ne le prolonge pas. Il faut alors attaquer l'ensemble devant le tribunal dans ce délai court.
Si une OQTF accompagne votre refus, lisez d'abord notre guide dédié : OQTF : comprendre et contester. Vous y verrez les délais et la marche à suivre.
Les trois recours et leurs délais
Pour un refus seul, trois voies existent, dans un délai de deux mois à compter de la notification :
- Le recours gracieux : auprès du préfet qui a pris la décision. Facultatif, gratuit, il invite à un réexamen.
- Le recours hiérarchique : auprès du ministre de l'Intérieur. Facultatif lui aussi.
- Le recours contentieux : devant le tribunal administratif. C'est la voie qui tranche.
Un recours gracieux ou hiérarchique formé dans les deux mois conserve votre délai pour saisir ensuite le tribunal. Vous ne perdez donc rien à tenter d'abord l'amiable, sauf si une OQTF est attachée au refus.
Sur quoi contester : les moyens fréquents
Les arguments qui reviennent le plus souvent :
- Erreur d'appréciation sur votre situation : ancienneté du séjour, insertion, ressources, vie professionnelle.
- Atteinte à la vie privée et familiale : conjoint, enfants scolarisés, vie commune ancienne en France.
- Défaut ou insuffisance de motivation de la décision.
- Vice de procédure : droit d'être entendu, compétence du signataire.
- Pièces non examinées ou éléments nouveaux à faire valoir.
Chaque moyen doit s'appuyer sur une pièce de votre dossier. C'est la solidité de cet ensemble qui convainc, pas le ton.
Devant le tribunal administratif
Le tribunal administratif territorialement compétent examine la légalité du refus. Il peut annuler la décision et enjoindre au préfet de réexaminer votre demande, voire de vous délivrer un titre selon les cas.
L'avocat n'est pas obligatoire, mais conseillé, surtout si une OQTF impose des délais courts. L'aide juridictionnelle peut couvrir les frais selon vos revenus.
Quelle que soit la voie, l'essentiel se joue tôt : un dossier bien argumenté dès le départ vous met en position de force pour toute la suite.